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Monde

Trump affirme qu’un accord sera signé dimanche avec l’Iran

La rédaction13 juin 2026 · 19h32

Donald Trump et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif ont affirmé samedi qu’un accord destiné à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient pourrait être signé dimanche. Cette échéance n’a toutefois pas été confirmée à ce stade par Téhéran.

C’est d’abord le Premier ministre pakistanais qui a écrit sur X que les parties étaient « plus proches que jamais d’un accord de paix ». Selon lui, sa finalisation est « probablement attendue dans les prochaines 24 heures », avant une signature électronique puis des « discussions techniques » la semaine prochaine.

Donald Trump, qui a déjà annoncé à plusieurs reprises l’imminence d’un accord sans concrétisation, a ensuite assuré sur son réseau Truth Social que « la signature de l’accord est prévue pour demain » dimanche, jour de ses 80 ans. Il a ajouté que, « dès qu’il aura été signé, le détroit d’Ormuz sera OUVERT À TOUS ».

Téhéran évoque les « prochains jours »

La diplomatie iranienne a de son côté évoqué samedi un accord dans « les prochains jours », mais pas dimanche, selon l’agence de presse gouvernementale Irna.

Depuis vendredi, les deux camps laissent entrevoir une possible issue. Mais les versions d’un éventuel accord données par les médias iraniens et par Washington divergent encore.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a rappelé que « tant qu’un accord complet n’aura pas été conclu (…) on ne pourra affirmer avec certitude qu’un terrain d’entente a été trouvé ».

Le détroit d’Ormuz au cœur du compromis

Selon Abbas Araghchi, le compromis prévoirait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures. Téhéran en contrôle l’accès depuis le début de la guerre, ce qui a fait flamber les prix du pétrole.

Vendredi, l’agence iranienne Mehr avait publié ce qu’elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points. Le document reprendrait plusieurs conditions iraniennes, dont le droit à l’enrichissement d’uranium et le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l’étranger.

Le dossier de l’uranium enrichi

S’agissant de l’uranium enrichi, autre point central de ces négociations laborieuses, Donald Trump a affirmé que les États-Unis iraient le récupérer en Iran « le moment venu ».

Washington soutenait jusqu’ici qu’un accord devrait aboutir au « démantèlement » du programme nucléaire iranien et permettre aux États-Unis de récupérer cette matière fissile, qui serait détruite puis sortie d’Iran.

Samedi, le président américain a assuré que les Iraniens « ne veulent plus d’arme nucléaire ». « Le moment venu, quand tout sera calme, nous irons récupérer la poussière nucléaire, enfouie profondément » dans les montagnes, a-t-il déclaré, promettant de la « diluer » et de la « détruire », en Iran ou aux États-Unis.

Vendredi, Abbas Araghchi avait préconisé une dilution en Iran des stocks d’uranium enrichi à 60 %. Les ramener à un taux inférieur à 5 %, loin des 90 % nécessaires à la fabrication d’une bombe atomique, éloignerait considérablement la menace d’un programme nucléaire militaire.

Téhéran dément vouloir se doter de l’arme atomique, comme l’en accusent les États-Unis et Israël.

Entre espoirs et scepticisme

En Iran, le journal réformiste Etemad saluait la possibilité de « sortir de l’impasse géopolitique et économique chronique ». Mais le quotidien conservateur Kayhan estimait que le pays devait garder le contrôle du détroit d’Ormuz, présenté comme « la plus grande faiblesse de l’ennemi ».

Des Iraniens interrogés se montraient plus circonspects. « Personne ne se soucie du peuple iranien », confie Ali, 49 ans, depuis Paris, redoutant qu’en cas d’accord le pouvoir « opprime la population mille fois plus durement ».

Saïd Sadeghi, employé de 49 ans, se dit lui « très pessimiste » : « même si la partie américaine acceptait toutes nos demandes et exigences, ce dont je doute fortement, ils pourraient revenir sur leurs engagements, déchirer l’accord et attaquer à nouveau l’Iran ».

Un conflit régional aux lourdes conséquences

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant un cessez-le-feu le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l’économie mondiale.

Donald Trump est sous pression aux États-Unis pour s’extraire d’une guerre impopulaire, à l’approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football coorganisé par son pays.

Sur le Liban, autre volet majeur, un haut responsable américain avait indiqué vendredi qu’il était bien inclus dans l’accord en discussion, comme réclamé par Téhéran. Washington avait auparavant dit vouloir dissocier ce dossier.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, lorsque le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l’Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir « éliminer » le mouvement chiite, qui cible lui ses positions et son territoire.

L’armée israélienne a indiqué samedi avoir frappé en 24 heures « plus de 70 sites » liés selon elle au Hezbollah. Les frappes israéliennes ont fait plus de 3.700 morts depuis début mars, selon Beyrouth.

Avec AFP.