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OpenAI encadre l’usage de ChatGPT par les adolescents, sous pression judiciaire et législative

La rédaction18 août 2026 · 19h57

OpenAI a commencé mardi à déployer une version de ChatGPT réservée aux adolescents, appliquée par défaut aux 13-17 ans, avec des garde-fous renforcés. Cette évolution intervient un an après une première plainte accusant l’assistant d’intelligence artificielle d’avoir contribué au suicide d’un jeune Américain.

Nommée “ChatGPT for Teens”, cette version devient automatique pour tout utilisateur qui se déclare mineur ou que l’entreprise détecte comme tel, à partir de signaux comme l’ancienneté du compte ou les habitudes d’usage.

L’essentiel des protections existait déjà pour les comptes identifiés comme mineurs : contenus restreints liés à l’automutilation, à la violence, aux troubles alimentaires ou à la sexualité explicite, rappels réguliers de pause, plages horaires bloquées et “mode étude”, qui guide l’utilisateur par questions plutôt que de lui fournir directement les réponses.

Des protections réunies dans une expérience dédiée

La nouveauté consiste à réunir ces garde-fous dans une expérience unique, enrichie de rappels plus fréquents à chercher de l’aide humaine si nécessaire, ou à ne pas tricher sur les devoirs.

OpenAI indique également que la voix est désactivée afin de rendre l’outil moins humain. Le chatbot ne doit plus laisser entendre qu’il éprouve des sentiments, explique l’entreprise.

La société s’appuie aussi sur ses alertes aux parents, lancées à l’automne 2025 puis élargies en juillet. Si l’adolescent a lié son compte à celui d’un adulte — lien qu’il peut rompre à tout moment —, ce dernier peut être prévenu en cas de signes de risque suicidaire ou d’automutilation, ou si le compte est désactivé pour des contenus violents.

Selon OpenAI, chaque alerte est validée par un examinateur humain, sans dévoiler le contenu exact des conversations.

Une pression judiciaire et réglementaire croissante

Ce lancement intervient dans un contexte judiciaire et réglementaire pressant. Les parents d’Adam Raine, un Californien de 16 ans qui s’est suicidé en avril 2025, accusent en justice ChatGPT d’avoir accompagné leur fils dans son geste.

Depuis septembre 2025, le gendarme américain du commerce, la FTC, enquête sur les effets des chatbots de sept entreprises sur les mineurs.

Face au même problème, les concurrents d’OpenAI ont choisi des voies différentes. Character.AI a fermé ses conversations libres aux moins de 18 ans en novembre 2025, Anthropic réserve son assistant Claude aux adultes, tandis que Google a ajouté à Gemini des restrictions pour mineurs.

Ces restrictions ont été renforcées en avril après une évaluation critique de l’ONG Common Sense Media, que Google conteste.

L’IA générative face au durcissement légal

Comme les réseaux sociaux avant elle, l’intelligence artificielle générative voit son cadre légal se resserrer. La Californie impose depuis janvier des garde-fous aux chatbots jouant un rôle de compagnon ou de confident, tandis que le Congrès américain envisage d’interdire leur accès aux mineurs.

L’Australie exige également une vérification d’âge, sous peine d’amende.

Dans l’Union européenne, où le profilage automatisé des mineurs est très encadré, l’estimation d’âge promise en janvier n’est pas encore déployée. L’expérience adolescente repose donc, pour l’instant, sur le seul âge déclaré.

OpenAI a indiqué mardi que “la fonctionnalité de prédiction de l’âge sera déployée dans les semaines à venir” dans l’Union européenne.