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Au Népal, le principal qui a sauvé ses 900 élèves des eaux

La rédaction6 septembre 2026 · 12h01

Nuwakot – Ihata avec AFP

« Je suis un principal sans école » : Rajendra Dawadi a évacué à temps 900 élèves avant de voir l’école qu’il dirigeait à Trishuli Bazaar, dans le nord du Népal, disparaître sous les eaux de la crue dévastatrice qui a balayé sa ville le 26 août.

Dans un entretien accordé à l’AFP, l’homme de 47 ans raconte, quelques jours après la catastrophe, qu’il a eu très peu de temps pour agir.

Une alerte à 09H00

Il était 09H00 lorsque son comptable est venu à l’école en criant : « l’inondation arrive, l’inondation arrive, tous les villages ont été inondés ! »

Quand un collègue a confirmé avoir été lui aussi averti qu’une vague immense s’était formée en amont de la rivière Trishuli, M. Dawadi dit avoir « pris peur ».

Si l’alerte s’avérait fausse, l’établissement allait perdre une journée d’éducation. Mais si elle était vraie, « tout le monde, y compris moi, allions perdre la vie », raconte-t-il. Il a alors demandé à tous de se réfugier en lieu sûr.

900 élèves évacués

Le principal a donné l’ordre aux 900 élèves présents dans l’établissement de quitter leurs classes. « Quand on a informé les élèves, ils ont commencé à paniquer. Une jeune fille s’est évanouie devant une classe », décrit-il. Il a également demandé aux chauffeurs des bus scolaires en route de faire demi-tour.

Selon les derniers bilans officiels, la catastrophe a fait plus de 1.300 morts et quelque 5.000 disparus au Népal.

Cinq élèves ont péri dans la crue, à l’extérieur de l’école, ainsi qu’un enseignant et un gardien. « Il avait sans doute voulu fermer la porte », suppose Rajendra Dawadi.

« En cinq minutes, tout s’est effondré »

Une fois à l’abri sur les hauteurs avec ses élèves, le principal s’est retourné. « L’école se tenait là, comme le plus beau des bâtiments. Et en cinq minutes, tout s’est effondré. C’était aussi l’école dans laquelle j’ai étudié. Il ne restait plus rien ».

Une élève sauvée de justesse

Santoshi Dotel, 17 ans, suivait ce matin-là un cours de comptabilité quand les élèves ont reçu l’ordre d’évacuer. Elle remercie encore le concierge qui l’a pressée de partir.

La jeune fille raconte s’être d’abord approchée de la rivière avec son amie Shriya pour tenter de la traverser et rejoindre la maison familiale. « L’eau de la crue a surgi. J’ai commencé à pleurer parce que je pensais que je ne rentrerais pas chez moi », dit-elle.

Le pont a ensuite été emporté. Son amie l’a tirée et emmenée plus haut, sur une colline. Santoshi Dotel est restée sans nouvelle de ses parents jusqu’à un appel de sa mère, quelques heures plus tard. Elle ne les retrouvera que quatre jours après, après avoir été évacuée en hélicoptère.

69 écoles détruites

Quelques jours après le désastre, Rajendra Dawadi dit presser les autorités pour rouvrir au plus vite son école. « Cette catastrophe est bien pire » que le tremblement de terre de 2015, affirme-t-il. « L’école avait alors été totalement détruite mais nous l’avions reconstruite. Cette fois, nous avons perdu le terrain et le bâtiment ».

Au moins 69 écoles ont été détruites par la crue meurtrière, mettant en péril l’éducation de près de 19.000 enfants, selon l’ONG Save the Children.