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Sport

Mondial-2026: le film du parcours des deux finalistes

La rédaction18 juillet 2026 · 10h17

Avant la finale de la Coupe du monde de football opposant l’Espagne à l’Argentine, dimanche à East Rutherford, retour croisé sur le parcours des deux finalistes.

L’Espagne débute en douceur, l’Argentine brille déjà

Sacrée à l’Euro en 2024, la Roja aborde le Mondial avec le statut de grande favorite. Son entrée en lice dans le groupe H, face au Cap-Vert, constitue pourtant l’une des premières grandes surprises du tournoi: sans ses virevoltants ailiers Lamine Yamal et Nico Williams, de retour de blessure, la sélection de Luis de la Fuente se heurte à de vaillants Cap-Verdiens, sauvés sept fois par leur héroïque gardien Vozinha, et concède un nul (0-0).

Elle se rassure ensuite en surclassant l’Arabie saoudite (4-0), avec le premier but en Coupe du monde de Lamine Yamal, avant de confirmer en domptant l’Uruguay sans briller (1-0). L’Espagne décroche la première place de son groupe avec 7 points.

Tenante du titre et lauréate des deux dernières éditions de la Copa America, l’Argentine se présente, elle, avec un effectif aussi expérimenté que vieillissant, à l’image de son légendaire capitaine Lionel Messi. L’Albiceleste lance sa compétition de la meilleure des manières: une nette victoire contre l’Algérie (3-0), triplé de Messi.

Deux jours avant de fêter ses 39 ans, l’octuple Ballon d’or s’offre un doublé contre l’Autriche (2-0) et bat le vieux record du nombre de buts inscrits en Coupe du monde, avec 18 unités au compteur, qui va encore tourner. Avec leur iconique N.10 sur le banc, puis auteur d’un coup franc direct dès son entrée en jeu, les Argentins dominent la Jordanie (3-1). Impériale dans le groupe J, l’Argentine termine en tête avec 9 points.

La Roja déroule, l’Albiceleste se sort du piège

Face à l’Autriche en 16es de finale, les champions d’Europe interprètent enfin une partition aboutie. Lancés par Mikel Oyarzabal, les Espagnols lessivent complètement les Autrichiens en seconde période (3-0).

Opposés au Cap-Vert, invité surprise à ce stade du tournoi, les Argentins s’en remettent une nouvelle fois à leur capitaine pour trouver la faille. Mais les Cap-Verdiens reviennent au score à l’heure de jeu et poussent contre toute attente les champions du monde en prolongation. Le latéral cap-verdien Sidny Lopes Cabral répond au but de Lautaro Martinez avec un tir lointain en pleine lucarne, mais c’est un cruel but contre son camp qui délivre l’Argentine après 111 minutes de souffrance (3-2).

L’Espagne méticuleuse, l’Argentine miraculée

En 8es de finale contre le Portugal, son premier gros défi du tournoi, l’équipe de De la Fuente assoit sa domination et montre qu’elle sait aussi faire le dos rond en résistant aux assauts des talents individuels de la Seleçao. Une stratégie qui paie dans le temps additionnel, avec le but de la délivrance inscrit par Mikel Merino, entré quelques minutes plus tôt (1-0).

En parallèle, les péripéties de l’Argentine se poursuivent. La sélection de Lionel Scaloni est malmenée par l’Egypte, qui ouvre rapidement le score et double la mise sur contre-attaque en seconde période. Encore menés 2-0 à la 79e minute, les coéquipiers de Messi misent tout sur un nouveau miracle de leur capitaine, excentré sur l’aile droite.

Et cela fonctionne: Messi centre pour Cristian Romero, qui réduit l’écart de la tête, puis se charge lui-même d’égaliser d’une demi-volée surpuissante, son 21e but en Coupe du monde. Dans le temps additionnel, Enzo Fernandez renverse définitivement cette folle partie (3-2).

Une affaire de patience avant le dernier carré

Ultra dominatrice face à la Belgique en quarts, l’Espagne ouvre le score grâce à Fabian Ruiz mais concède l’égalisation avant la mi-temps. Malgré la blessure du gardien belge Thibaut Courtois, les Diables rouges résistent et sont proches de pousser la Roja en prolongation. Mais Mikel Merino, tout juste lancé sur la pelouse, profite d’une bourde du portier remplaçant Senne Lammens pour endosser, encore, le costume de héros et envoyer les siens dans le dernier carré.

Contre la Suisse, l’Albiceleste espère enfin s’éviter un scénario à suspense, d’autant qu’Alexis Mac Allister ouvre le score après seulement dix minutes. Mais elle laisse le contrôle du jeu à la Nati, qui reprend espoir avec l’égalisation de Dan Ndoye en seconde période avant d’être réduite à dix après l’expulsion de Breel Embolo.

Envoyés en prolongation, les Argentins remettent le pied sur le ballon, que Julian Alvarez propulse dans la lucarne à la 112e minute. En bon renard des surfaces, Lautaro Martinez finit le travail dans le temps additionnel (3-1).

Indomptable Roja, immortelle Albiceleste

Comme à l’Euro-2024, les Espagnols retrouvent la France en demi-finales. Ils parviennent à museler le quatuor offensif français, pourtant étincelant jusqu’alors. La Roja pousse également la défense des Bleus à se rendre coupable d’imprécisions, à l’image de Lucas Digne, fautif dans la surface sur Lamine Yamal.

Après le penalty transformé par Oyarzabal, les Espagnols surclassent les Bleus dans l’entrejeu et trouvent une deuxième fois la faille, Pedro Porro concluant une sublime séquence collective pour propulser son pays vers la deuxième finale de son histoire, après le sacre de 2010.

L’Argentine croise aux portes de la finale son vieil ennemi anglais. Comme souvent, les Argentins cassent le rythme en multipliant les fautes. Le plan fonctionne pendant près d’une heure, puis l’Angleterre parvient à faire sauter le verrou (Anthony Gordon, 55e).

Dos au mur, les champions du monde profitent de la surprenante réorganisation tactique défensive opérée par Thomas Tuchel pour se ruer à l’attaque. Jordan Pickford multiplie les arrêts, est sauvé par son poteau, mais finit par craquer à cinq minutes de la fin du temps réglementaire sur une énième tentative d’Enzo Fernandez (85e).

Survoltée, la “Scaloneta” fait le siège du but anglais pour éviter la prolongation. La lumière vient, évidemment, de Messi, qui délivre sa deuxième passe décisive de la soirée, avec un centre déposé sur la tête de Lautaro Martinez dans le temps additionnel (2-1).

IHATA avec AFP