Actualité en continu · mar. 28 juillet 2026 · 15h11 Météo locale
ihata.ma
Version Beta
إحاطة
Art & Culture

Marjane Satrapi, autrice de « Persepolis », est morte à Paris

La rédaction4 juin 2026 · 09h51

L’artiste franco-iranienne Marjane Satrapi, connue dans le monde entier pour la bande dessinée et le film Persepolis, est décédée à Paris à l’âge de 56 ans, a rapporté jeudi l’AFP, citant son entourage.

« Marjane Satrapi morte de tristesse un peu plus d’un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l’amour de sa vie », indique un communiqué de ses proches transmis à l’agence. Producteur, acteur et scénariste, Mattias Ripa était mort le 8 avril 2025.

Une œuvre autobiographique devenue universelle

Exilée en France depuis 1994, puis naturalisée française en 2006, Marjane Satrapi avait connu une consécration internationale avec la saga autobiographique Persepolis. Elle y racontait son enfance en Iran, la vie sous le pouvoir des mollahs, la répression subie par le peuple iranien et son départ douloureux vers l’Europe.

Le premier volet de Persepolis avait été primé en 2001 au festival de bande dessinée d’Angoulême, avant d’être suivi de trois autres volumes. L’œuvre avait ensuite été adaptée au cinéma par Marjane Satrapi elle-même, avec Vincent Paronnaud à la co-réalisation.

De Cannes à Angoulême

Sorti en 2007, le film Persepolis avait obtenu le prix du jury au Festival de Cannes. « Même si ce film est universel, je tiens à le dédier à tous les Iraniens », avait alors déclaré Marjane Satrapi.

Autre album situé en Iran, Poulet aux prunes avait remporté en 2005 le prix du meilleur album à Angoulême. L’autrice avait également co-réalisé son adaptation au cinéma en 2011, avec notamment Mathieu Amalric, Édouard Baer et Maria de Medeiros au casting.

Une voix critique face au régime iranien

Adversaire résolue des autorités de Téhéran, Marjane Satrapi avait continué ces dernières années à dénoncer les agissements de la République islamique d’Iran.

En 2025, elle avait refusé la Légion d’honneur française pour protester contre ce qu’elle qualifiait d’« attitude hypocrite de la France vis-à-vis de l’Iran », alors que le pays connaissait une nouvelle vague de répression.

« Depuis un moment, j’ai réellement du mal à comprendre la politique de la France vis-à-vis de l’Iran », avait-elle écrit sur Instagram, regrettant que de « jeunes Iraniens épris de liberté, des dissidents, des artistes, se voient refuser des visas ».

Elle avait toutefois précisé que ce refus n’était « en aucun cas une action ou une pensée contre la France », ajoutant : « Bien au contraire, j’aime profondément ce pays qui est le mien ».

Son compte Instagram portait encore la trace du chagrin causé par la mort de son mari. Dans un message publié en plusieurs posts, elle écrivait : « I lost the love of my life » — « J’ai perdu l’amour de ma vie ».

Source : d’après AFP.