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IA : les sanctions de Trump contre Anthropic annulées par une juge

La rédaction28 août 2026 · 16h57

San Francisco – Ihata avec AFP

Une juge fédérale de Californie a déclaré jeudi illégales les sanctions prises en février par l’administration Trump contre la start-up d’intelligence artificielle (IA) Anthropic, les jugeant motivées politiquement et non par des risques supposés.

Une première victoire partielle

Cette décision ne concerne cependant qu’une des deux procédures engagées par l’entreprise contre le gouvernement américain, l’autre, devant un tribunal fédéral de Washington, n’ayant pas encore été tranchée.

Elle interdit à toutes les entités de l’exécutif et ministères de rompre leurs contrats avec Anthropic, comme les y avait enjoint Donald Trump en février.

Néanmoins, la mise à l’écart de l’entreprise par le ministère de la Défense, qui avait déclenché la crise, reste en vigueur car appuyée sur un texte du code des marchés publics fédéraux non examiné en Californie mais contesté par Anthropic dans la procédure de Washington.

Une rupture provoquée par le refus de lever des restrictions

Le conflit avait éclaté après le refus d’Anthropic de lever certaines restrictions à l’utilisation de son modèle d’IA, Claude, pour des attaques létales entièrement autonomes ou la surveillance de masse des Américains. Donald Trump avait alors fustigé une entreprise de « la gauche radicale » et « hors de contrôle ».

Outre l’annulation de tous ses contrats, le ministère de la Défense avait inscrit Anthropic sur la liste des entreprises présentant un « risque pour la chaîne d’approvisionnement » et la sécurité nationale, un statut jusque-là réservé à des entreprises étrangères.

« Punir » les critiques

La décision rend permanente la suspension provisoire des sanctions ordonnée en mars par la juge et s’applique immédiatement. Le gouvernement peut faire appel.

Pour la juge fédérale de San Francisco Rita Lin, les mesures visaient à « faire un exemple » d’une entreprise jugée « arrogante », et non à parer à une menace réelle. « L’invocation creuse de la sécurité nationale n’est pas un chèque en blanc pour punir ceux qui critiquent le gouvernement », a-t-elle écrit dans une décision de 59 pages.

« Nous restons concentrés sur une collaboration productive avec le gouvernement pour mettre l’IA au service de notre sécurité nationale, afin que tous les Américains bénéficient de cette technologie », a déclaré un porte-parole d’Anthropic.

Des relations déjà distendues, pas rompues

Avant même le jugement, les relations entre la perle de l’IA et l’exécutif américain étaient loin d’être rompues. Le ministère de la Défense continue de se servir des modèles d’Anthropic, les seuls habilités pour les opérations classifiées.

Par ailleurs, Anthropic a donné accès au gouvernement Trump à son modèle le plus avancé, Mythos, jusqu’ici proposé uniquement à une poignée d’entreprises et d’organisations afin de renforcer leur sécurité informatique.

Critiqué pour vouloir dicter ses conditions à l’exécutif, le patron d’Anthropic, Dario Amodei, n’est pas revenu sur sa position concernant l’emploi de sa technologie : « Cela ne vaut pas le coup de voir les démocraties triompher si elles utilisent ces moyens », a-t-il déclaré en juin, en référence à la surveillance d’une population et aux attaques mortelles décidées par l’IA.