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Médias

Droits des journalistes : polémique autour de la situation des salariés du journal Al Haraka

La rédaction7 mai 2026 · 21h03

Un débat professionnel autour des droits des journalistes au Maroc a été relancé par la situation de salariés du quotidien Al Haraka, lié au parti du Mouvement populaire présidé par Mohamed Ouzzine. Des éléments relayés évoquent des arriérés et la non-application de plusieurs dispositions sociales au bénéfice de journalistes et de techniciens.

Le dossier intervient dans un contexte plus large de discussion sur la réalité sociale du secteur de la presse, les limites des évaluations internationales et la protection effective des salariés dans les entreprises médiatiques.

Des droits sociaux au cœur du conflit

Selon les éléments rapportés, les salariés concernés demandent la régularisation de droits considérés comme acquis au regard de la convention collective, du droit du travail et des dispositifs financiers liés à la réduction fiscale.

Ils évoquent notamment des arriérés qui atteindraient environ 30 mois, le refus d’appliquer un salaire minimum de 5.800 dirhams, ainsi que le gel d’indemnités d’ancienneté prévues par les accords professionnels.

La période de la pandémie également évoquée

Les salariés soulèvent aussi la gestion de la période de la pandémie. D’après leur version, plusieurs journalistes et techniciens auraient continué à travailler, tout en ne percevant que l’indemnité de la CNSS fixée à 2.000 dirhams.

Des plaintes et procès-verbaux auraient été déposés auprès de l’inspection du travail. Le dossier montre ainsi que le conflit dépasse la seule question des salaires et renvoie à la capacité d’une entreprise médiatique à respecter ses engagements sociaux.

Le soutien public et la responsabilité sociale

La sensibilité du dossier est renforcée par la question du soutien public à la presse. Celui-ci vise à consolider le pluralisme et à permettre aux entreprises de remplir leur mission d’information. Mais il pose aussi la question des contreparties sociales.

Une entreprise de presse ne produit pas seulement un service éditorial : elle assume une responsabilité envers les journalistes, techniciens et personnels qui participent à la fabrication de l’information.

Des médiations qui n’ont pas encore réglé le fond

Selon les éléments disponibles, les salariés auraient emprunté plusieurs voies institutionnelles, notamment des séances auprès de l’inspection du travail à Rabat et une médiation du Conseil national de la presse.

Ils estiment toutefois que ces démarches n’ont pas encore abouti à une mise en œuvre effective. Le cas illustre les limites des médiations lorsqu’elles ne débouchent pas sur des engagements précis, un calendrier et un suivi opérationnel.

Une question centrale pour l’avenir du secteur

Au-delà d’un seul titre de presse, ce dossier renvoie à une interrogation plus large : comment construire un secteur médiatique solide si une partie de ceux qui produisent l’information vit dans une précarité durable ?

La protection des droits des journalistes n’est pas une revendication corporatiste. Elle conditionne la qualité de l’information, l’indépendance professionnelle et la crédibilité du paysage médiatique.

Adapté de l’article original publié sur ihata.ma.