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Crue au Népal : deux ouvriers « miraculés » sortis vivants d’un tunnel

La rédaction4 septembre 2026 · 09h14

Katmandou – Ihata avec AFP

Plus personne n’y croyait mais le « miracle » a eu lieu : les secours népalais sont parvenus vendredi à retrouver deux ouvriers vivants dans un tunnel du nord du Népal où ils étaient prisonniers depuis la crue catastrophique du 26 août dans l’Himalaya.

Deux survivants extraits du tunnel

L’un des deux survivants a été extrait du tunnel sur une civière portée par une nuée d’hommes casqués, selon des images diffusées par le ministère de l’Énergie. Conscient, il a joint ses mains en signe de prière.

L’autre miraculé, le visage et le corps recouverts de boue, a été remis sur ses pieds par ses sauveteurs, à qui il a adressé un petit signe de la main.

Ces deux ouvriers — identifiés comme Sanjay Shah et Kabir Maharjan — sont les premiers à être extraits vivants du tunnel du chantier du barrage de Trishuli-3, dans lequel les autorités estiment qu’une centaine de personnes pourraient être retenues prisonnières.

« Mon cœur est beaucoup plus léger »

« Je suis si heureux, mon cœur est maintenant beaucoup plus léger », a réagi auprès de l’AFP le frère d’un des deux ouvriers, Amir Maharjan. « Les opérations de recherches et de secours se poursuivent », a aussitôt indiqué l’armée.

Un bilan toujours très lourd

Causé par l’effondrement d’un glacier et d’un pan de la montagne, le mur d’eau, de glace et de débris qui a dévasté il y a neuf jours la frontière du Népal et de la Chine a fait au moins 1.280 morts et plus de 5.600 disparus, selon les derniers bilans officiels.

Côté népalais, des dizaines de sauveteurs — certains venus d’Inde, de Chine et de Corée — sont engagés depuis dans une course contre la montre pour retrouver des rescapés dans les tunnels de centrales hydroélectriques ou de barrages en chantier.

Une faible réponse entendue

Selon l’autorité népalaise en charge des situations d’urgence, plus de 900 employés ou ouvriers des sites hydroélectriques en service ou en construction sont toujours portés manquants vendredi.

Tôt vendredi matin, les autorités ont annoncé que les efforts des sauveteurs avaient enfin été récompensés, évoquant un « miracle ». Peu de temps avant l’annonce officielle, un spécialiste des secours en profondeur impliqué dans les opérations, l’Australien Arnold Dix, avait rapporté un premier contact avec des survivants.

« Ils pensent qu’ils ont reçu une faible réponse de l’intérieur du tunnel qui disait +hunchha+, c’est-à-dire +oui+ ou +OK+ », a déclaré à l’AFP M. Dix. Les secours ont répondu : « Ne vous inquiétez pas, on vient vous sauver ».

Un « tsunami himalayen »

Les deux rescapés ont aussitôt été évacués en hélicoptère vers la capitale Katmandou pour des examens médicaux, selon le ministère de l’Énergie.

La crue a emporté bâtiments, ponts, routes et infrastructures de la région, notamment les barrages en service ou en chantier, désormais ensevelis sous une mer de boue. Lors d’un point jeudi devant les diplomates étrangers, le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a évoqué un « tsunami himalayen ».

Des milliers de sinistrés

Les autorités népalaises multiplient par ailleurs leurs efforts pour prêter assistance aux dizaines de milliers de personnes sinistrées par la catastrophe. Dans les secteurs les plus isolés, le ravitaillement en nourriture, en eau et en équipement n’est possible que par hélicoptère, drone ou porteur.

Malgré les camps de fortune dressés par les autorités, la situation des déplacés reste très précaire. De nombreuses familles restent aussi sans nouvelle de leurs proches disparus et continuent à faire la tournée des hôpitaux et de la police en quête d’informations.