New York – Ihata avec AFP
L’ancien patron de Microsoft Bill Gates a appelé mercredi à un accompagnement du changement induit par l’intelligence artificielle (IA), proposant une taxe sur l’IA, la création d’une instance internationale et la désignation d’emplois réservés aux humains.
Un changement de ton
« Je n’aime pas annoncer de mauvaises nouvelles aux gens ou dire que l’innovation peut avoir des conséquences globalement négatives, mais nous en sommes là », a déclaré le septuagénaire au New York Times.
Il s’agit d’un changement de ton notable pour cette figure de la tech, qui estimait encore l’an dernier que l’IA aurait une contribution nettement positive pour l’humanité, malgré certains aspects négatifs.
« Le monde a besoin d’un plan »
« Le monde a besoin d’un plan » pour encadrer les effets de cette technologie sur nos sociétés, prévient-il dans un long message comme en ont publié récemment les grandes figures de l’IA, de Dario Amodei (Anthropic) à Mark Zuckerberg (Meta), en passant par Sam Altman (OpenAI).
Se référant aux suggestions de ces dirigeants, Bill Gates estime qu’« il ne faut pas attendre d’eux qu’ils prennent l’initiative » dans ce domaine.
Une autorité internationale sur le modèle de l’AIEA
Comme Sam Altman, Dario Amodei ou Demis Hassabis (Google) lors du G7 d’Evian mi-juin, le co-fondateur de Microsoft milite pour l’instauration d’un organe international de supervision de l’IA, qui s’inspirerait de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
Des emplois réservés et une taxe
Bill Gates avance également l’idée de réserver des emplois pour les humains, pour limiter l’impact de l’IA sur le marché du travail mais aussi préserver la dimension relationnelle de certaines professions.
Celui qui consacre aujourd’hui l’essentiel de son temps à sa fondation considère désormais que « sans des mesures adéquates, il y aura (à terme) beaucoup moins d’emplois qu’aujourd’hui ».
Le milliardaire anticipe ainsi que les recettes fiscales tirées des revenus du travail vont diminuer et propose, pour compenser, d’instaurer une taxe sur les contenus produits par l’IA ainsi que sur les robots.
Outre l’aspect fiscal, « une taxe ralentirait un peu la ruée vers » le travail automatisé et permettrait de « lever de l’argent pour la formation et le renforcement de la protection sociale », explique Bill Gates.
