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Économie

À Dubaï, la guerre au Moyen-Orient refroidit le marché immobilier

La rédaction26 juillet 2026 · 08h53

Installé à Dubaï depuis plus d’un an, Steve vient d’emménager dans un quartier jusque-là hors de portée pour lui, profitant d’un marché immobilier refroidi par la guerre au Moyen-Orient, après plusieurs années d’euphorie.

Son nouvel appartement, plus grand et plus proche de son lieu de travail, lui coûte désormais 15% de moins que l’ancien. À son arrivée dans l’émirat du Golfe en 2025, en pleine flambée immobilière, « il était très difficile de trouver un logement dans cette région et les loyers explosaient », raconte ce Britannique de 35 ans, employé dans le secteur des médias, qui s’exprime sous pseudonyme en raison de la sensibilité du sujet aux Émirats arabes unis.

L’immobilier à Dubaï, l’un des piliers de l’économie locale, a connu une forte croissance ces dernières années, porté par l’afflux d’expatriés et de grandes fortunes attirés par la qualité de vie, l’abondance des services et une fiscalité avantageuse.

Mais l’activité marque le pas depuis que les États-Unis et Israël ont lancé une offensive contre l’Iran le 28 février, provoquant des frappes de représailles dans plusieurs pays voisins du Golfe.

Une image de ville sûre écornée

À Dubaï, vitrine touristique et centre d’affaires des Émirats, des sites emblématiques tels que l’hôtel Burj Al Arab et l’île artificielle Palm Jumeirah ont été visés au début de la guerre, prenant de court une population composée à 90% d’étrangers.

L’émirat n’a plus été touché depuis la reprise des hostilités début juillet, mais le conflit a écorné son image de ville « sûre quoi qu’il arrive », estime une agente immobilière s’exprimant sous couvert d’anonymat.

« Nous sommes dans une sorte de zone grise. Les avis sont partagés : certains pensent que le conflit a durablement déstabilisé la région, d’autres, au contraire, que c’est un bon moment pour investir », explique-t-elle.

Les acheteurs reprennent la main

Les clients n’ont pas complètement disparu, assure la professionnelle, mais les marges de négociation se sont élargies. Locataires et acheteurs se retrouvent désormais en position de force face à des propriétaires longtemps inflexibles.

D’après le cabinet britannique spécialisé Knight Frank, les prix de vente ont baissé en général entre 5 et 20% selon les régions, après avoir augmenté en moyenne de 82,9% depuis 2021.

Le marché a déjà connu de nombreux soubresauts par le passé, notamment après la crise financière de 2008 ou pendant la pandémie de Covid-19.

Les promoteurs affichent leur confiance

En annonçant le mois dernier un projet de développement de 55 milliards de dollars au cœur de Dubaï, visant à accueillir près de 150.000 résidents, le géant émirati Emaar Properties a affiché sa confiance dans la capacité de l’émirat à continuer à attirer investisseurs et expatriés.

Le promoteur Binghatti a, lui, indiqué avoir vendu en juin deux appartements de luxe au centre-ville, l’un à plus de 54 millions de dollars et l’autre à 19 millions.

Selon un rapport de l’agence Betterhomes, basé sur des chiffres officiels, les ventes de logements ont chuté au deuxième trimestre de 31% en volume et de 45% en valeur sur un an, avec un recul particulièrement marqué sur le segment du luxe.

La situation s’est améliorée ces dernières semaines, assure toutefois son PDG, Richard Waind. « Nous avons constaté un regain de la demande à partir de juin, qui se poursuit, tant en termes de visites que de transactions », affirme-t-il à l’AFP.

Cette reprise est principalement portée par les résidents plutôt que par les investisseurs étrangers, reconnaît le dirigeant. Mais l’été est traditionnellement une saison calme et la clientèle internationale reviendra progressivement dans les mois à venir, espère-t-il.

IHATA avec AFP